Un bel exemple de politique fiction sur l'avenir de l'université par un universitaire de talent, Olivier Ertzscheid, Maître de Conférences en Sciences de l'information et de la communication.
"Vous, vous ne ferez que de la recherche. On a déjà plein de tâcherons pour les basses oeuvres administratives, et ces cons d'agrégés sont trop contents de faire de l'enseignement, mais ne vous inquiétez pas, on leur colle aux basques des vrais professionnels pour éviter qu'ils ne bourrent trop le mou à nos chères têtes blondes." (rires).
Bref, aujourd'hui à l'université Lagardère, comme dans les 15 autres centres d'excellence qui subsistent en France, ce sont des enseignants du second degré, des DRH et des industriels qui assurent désormais l'essentiel des cours en parcours Licence et Master auprès d'étudiants choisis, sans que jamais le terme qui fâche de "sélection" n'ait été prononcé. De toute façon, comme dit le boss, "la sélection, ils ont tout le temps de la découvrir à la fin de leur première année." et d'éclater de son rire tonitruant. C'est d'ailleurs pour cela et uniquement pour cela que l'on maintient encore sous tente à oxygène les vieilles filières genre "Lettres", "Géographie" ou "Langues anciennes". Faut bien recaser quelque part ceux qui n'ont pas le niveau de l'élite. Et comme ça tout le monde est content.
Non vraiment, quand je pense à tout ce qu'à permis Valérie Pécresse et surtout Nicolas Sarkozy pour la recherche française, je me dis qu'elle est vraiment à sa place, et j'espère qu'elle restera encore longtemps ministre de la recherche industrielle (le ministère de la "recherche industrielle" a remplacé l'ancien ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la partie "enseignement" étant maintenant dévolue au "Ministère de l'identité nationale et de l'enseignement des valeurs républicaines"). Allez faut que je vous laisse maintenant. J'ai du taf, et j'ai promis au boss de pas compter mes heures :-)
affordance.info : "Loi LRU. Loi Pécresse"
L'article est long mais vaut vraiment le détour[1], d'autant plus que, s'il est largement fictionnel et caricatural, il reprend de nombreux points de la loi tels que le gouvernement entend les appliquer, et ça fait froid dans le dos...
En outre, pour ne pas pâtir du «syndrôme de l'étudiant gnan-gnan au discours formatté dont nous abreuve en ce moment les différents médias», l'auteur nous propose «un beau et gros boulot de synthèse et d'explication (.pdf) sur la loi Pécresse, dite loi LRU. 18 fiches thématiques qui couvrent tous les aspects de la loi, présentent des extraits des textes de loi sur le mode "avant / après" et exposent à chaque fois un argument "pour" et un argument "contre".», pour enfin avoir un point de vue sinon objectif, du moins un peu mieux renseigné, sur cette loi qui devrait inquiéter la population au-delà du cercle trop souvent fermé sur lui-même de l'université : "Loi Pécresse : ce qui change à la rentrée" (document .pdf réalisé par l'ORS).
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