Chiwalogue (version gros bêta)

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Tag - littérature

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mardi 3 juin 2008

Back to the trees !

« Je ris, et tu riras, c'est le livre le plus drôle de toutes ces années, mais ce n'en est pas moins l'ouvrage le plus documenté sur l'homme à ses origines [...] »

Théodore Monod à Vercors, dans la préface française de Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis.

N'exagérons rien tout de même. C'est certes intelligent et divertissant, mais de là à ce que les pontes s'en tapent le cul par terre...

mercredi 28 mai 2008

Verbatim

Ils traversèrent la ville à midi le lendemain. Il gardait le revolver à portée de main sur la bâche pliée en haut du caddie. Il gardait le petit à son côté, tout près de lui. La ville était en grande partie incendiée. Aucun signe de vie. Des voitures sous un agglomérat de cendre dans la rue, toute chose recouverte de cendre et de poussière. Des empreintes fossiles dans la boue séchée. Dans une entrée un cadavre desséché qui n'était plus que du cuir. Grimaçant comme pour insulter le jour. L'homme tira l'enfant contre lui. Rappelle-toi que les choses que tu mets dans ta tête y sont pour toujours, dit-il. Il faudra peut-être que t'y penses.
Il y a des choses qu'on oublie, non ?
Oui. On oublie ce qu'on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu'il faut oublier.

Cormac McCarthy (2008), La route

samedi 24 mai 2008

Verbatim

J'ai toujours l'impression que je fais plus de travail que je ne devrais. Non pas que je rechigne au travail, notez-le bien ; j'aime le travail, il m'enchante. Je resterais des heures à la contempler. J'adore l'avoir auprès de moi. L'idée d'en être séparé me navre.

On ne saurait me donner trop de travail ; accumuler le travail est devenu chez moi presque une passion ; mon bureau en est rempli, à tel point qu'il n'y a plus de place pour en mettre davantage. Il me faudra bientôt faire bâtir une annexe.

Et je prends soin de mon travail, aussi. Vrai, une partie de celui que j'ai à présent chez moi est en ma possession depuis des années, et il n'y a pas dessus la moindre trace de doigts. Je suis très fire de mon travail ! je le descends de temps à autre pour l'épousseter. Personne ne tient son travail en meilleur état de conservation que moi.

Mais tout en aspirant au labeur, je tiens encore à être juste. Je ne demande pas plus que ma part légitime.

Malheureusement je le reçois sans l'avoir demandé - du moins je me le figure - et cela m'ennuie.

Jerome K. Jerome (1889), Trois hommes dans un bateau

jeudi 17 avril 2008

Dans la douleur : Last exit to Brooklyn

last_exit_to_brooklynJe ne sais trop que dire sur ce livre que j'aurais mis près (ou plus) de trois mois à finir tant il est dur voire pénible à lire, de par son style très oral (pas de marqueurs du discours rapporté, aucune différence entre les dialogues, les descriptions et la narration, une syntaxe et une ponctuation très personnelles...) et la difficulté des sujets abordés. Pour faire simple, Last exit to Brooklyn est un recueil de chroniques sur la vie des paumés de ce quartier misérable, le récit intime de la routine débilitante et tragique des ouvriers et des vouyous, des putes et des pédés (pour rester dans le ton du bouquin) dans les années 50, un témoignage froid, distant et sans aucune visée moralisatrice des luttes et des violences engendrées par la misère et la bêtise. Il m'est vraiment difficile de me prononcer de façon définitive sur ce livre ; je n'arrive pas à savoir si je l'ai véritablement apprécié dans sa totalité. Il y a certes des moments très forts mais c'est trop inégal à mon avis (un certain manque de rythme et des passages très fades au regard de la puissance de certains autres[1]) et je suis sûrement trop habitué à des schémas narratifs plus "carrés" et linéaires. Il faut dire aussi que ce genre littéraire des chroniques ne m'est pas tellement familier[2]. Mais si vous en avez le courage lisez-le, au moins parce que certains passages sont aussi horribles que captivants (notamment le calvaire de Tralala dont la construction narrative est prodigieuse, chaque nouvelle journée n'étant qu'une copie dégradée et raccourcie que la précédente), malgré la gêne que l'on paut parfois ressentir, pour ne pas dire l'écoeurement devant tant d'ignominie et de cruauté.

Ô, complexe fascination de l'intolérable.

Notes

[1] Mais c'est aussi le rythme de la vie.

[2] A part quand elles sont martiennes.

jeudi 17 janvier 2008

Pour ne pas oublier : dernières lectures

Puisque bloguer ne m'intéresse plus trop ces temps-ci, je vais profiter de cet espace pour ne pas perdre la mémoire de mes derniers livres lus. Néanmoins, n'espérez pas trouver là une quelconque exégèse littéraire ou une recommandation bien argumentée, je n'en ai ni l'envie ni les capacités. Mais on ne sait jamais, ça peut toujours servir. Bref, ces derniers mois j'ai donc lu :

les_mots barberis millenium_1 oeil_bleu_pale le_sommet_des_dieux


Et je n'en ai vraiment regretté aucun ! Merci à ceux qui m'en ont offert une partie ;-)

mercredi 12 décembre 2007

Souffrir avec classe

J'ai mal aux dents !

Eugène Ionesco, La Leçon, 1951

samedi 8 décembre 2007

Vous avez quatre heures

Restreint dans mon addiction au surf par un 56k aveyronais et dépité par un abcés dentaire qui se rappelle à mon bon souvenir[1], je vous propose de souffrir avec moi en commentant la citation suivante :

Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée, à présent je connais notre impuissance. N'importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image.

Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964

Notes

[1] C'est une expression, je ne suis pas masochiste non plus.

vendredi 16 mars 2007

Absurde et vivifiant

Parmi tous les livres récupérés chez Brol[1] j'ai commencé la lecture d'un polar de Lilian Jackson Braun, Le chat qui jouait Brahms, et je me suis surpris à rire tout seul dans mon lit, au risque de réveiller ma morphologue de dulcinée.

Dans le rayon d'alimentation du supermarché, il remarqua un jeune homme à barbe noire, portant une casquette à visière. Ils se regardèrent.
- Salut. Mr Qwilleran !
- Oubliez le mister, Appelez-moi Qwill. N'êtes-vous pas Roger, du bureau du tourisme ? Roger, Georges, Sam, Louis, Tom, Dave, depuis deux jours j'ai rencontré tant de gens sans patronyme que je me sens revenu aux temps bibliques.
- Mon nom de famille est caractéristique : MacGillivray.
- Comment ! Ma mère était une Mackintosh !
- Sans rire ? Nous faisons partie du même clan !
- Nos ancètres se sont battus comme des lions pour le prince Charlie !
- C'est exact, à Cullock en 1746 !
- Le 16 avril !

Si si, je vous assure, j'en pouffe encore d'aise ! Le ton est incroyablement amusant et cela fait bien longtemps que je n'avais pas lu un polar avec autant d'humour et autant de finesse dans l'écriture. La peinture du choc des cultures entre un journaliste ultra-urbain et les autochtones (proto)typiques du petit village de pêcheurs qu'il a choisi comme lieu de villégiature est savoureux à souhait.

Enjoy !

Notes

[1] en échange de plusieurs litres de sueur ;-)

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