Quand Bayrou se propose de prendre les meilleures idées de la droite et de la gauche, M. Sarkozy préfère récupérer les vieilles techniques de papi Jacques et de tonton Jean-Marie. A Le Pen il emprunte l'outrance de propos destinés seulement à tester la maturité de l'opinion publique face à des «questions qui dérangent» et sa capacité à s'indigner contre l'ignominie. Il est comme ça M. Sarkozy, il adore prendre la température des Français. A Chirac, la maxime du «Plus c'est gros, plus ça passe». Et l'opinion est bien mûre[1] (ou sourde, ou elle ne veut pas entendre ; le résultat est le même), elle est bien échauffée, juste à point, bien comme il faut. Et ça passe. J'en veux pour preuve ces quelques déclarations qui n'ont pas provoqué plus d'émoi que cela, en dehors des cercles intellectuels et blogosphériques :
J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense.
Tiré d'un entretien de M. Sarkozy avec Michel Onfray, relayés par D3log.
Et celle-ci[2], largement commentée par Versac[3] :
«Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale.»
[...]
Il y a des limites à ne pas franchir. Chaque jour, depuis son ministère de l'identité nationale, Nicolas Sarkozy flirte avec plaisir avec ces lignes, pour récupérer, jusqu'à ce que ces phrases débiles lui servent effectivement de pensée. On joue avec un feu haineux, xénophobe, et on ne met presque plus de gants.
J'ai peine à croire que M. Sarkozy pense la moitié de ce qu'il raconte. Comment peut-on se réclamer d'un darwinisme aussi sot, aveugle et forcené pour balayer ainsi d'un revers de la main les composantes sociétales et psychiques les plus élémentaires de l'existence humaine[4] ? Comment peut-on se prétendre européen et accabler de la sorte les Allemands qui se battent avec courage et détermination depuis des décennies pour faire enfin comprendre au monde entier, qui souvent préfère camper sur des positions rances et rancunières, que non, ils ne sont plus nazis ? Comment peut-on être un serpent si froid, sournois, brutal, indélicat, calculateur, avide de pouvoir, méprisant et prêt à toutes les ignominies sans être Pasqua lui-même ?
Villepin n'était pas si loin de la réalité quand il déclarait à Franz-Olivier Giesbert[5] :
[La France] a les jambes écartées. Elle attend désespérément qu'on la baise: ça fait trop longtemps que personne ne l'a honorée.
A plus ou moins 30% d'intentions de vote au premier tour pour M. Sarkozy, ça fait belle lurette que la France a baissé son pantalon et qu'elle attend, fesses à l'air et tête basse, un bon gros coup de matraque. M. Sarkozy est la pire racaille que la France ait connu. Quand Booba (ou Tandem, je ne sais plus ; bref, des sauvageons quoi) dégueulait :
J'baiserai la France jusqu'à c'qu'elle m'aime !
M. Sarkozy, lui, s'en fout que tout le monde l'aime. L'amour des bons Français qui se lèvent tôt le matin pour payer leur titre de transport lui suffit. Après tout les violeurs s'enquièrent-ils du plaisir de leurs victimes ?
Alors je vous en supplie Mme Royal, démerdez-vous comme vous le voulez, mais c'est maintenant qu'il faut convaincre les électeurs de voter pour vous. Maintenant qu'il faut annoncer une profonde refonte institutionnelle, dès le lendemain des résultats, en faveur d'une introduction conséquente d'une part de proportionnelle aux législatives, afin de garantir aux petits candidats de la gauche une part de ce putain de pouvoir, auquel ils aspirent tous avec l'ardente énergie individualiste des vrais défenseurs du bien commun, en échange d'un retrait salvateur. J'en appelle aussi à la baudruche béarnaise, qui ne tardera pas à se dégonfler, afin que lui aussi, si l'on devait se retrouver avec un deuxième tour Royal-M.Sarkozy, finisse par appeler à voter socialiste car je suis sûr qu'il aime profondément la France et la démocratie humaniste ou sociale, appelez-la comme vous voudrez, malgré les boursouflures de son ego et sa profonde droititude économique. Quant aux autres candidats de droite, je les emmerde profondément, point.
On n'a vraiment pas le cul sorti de l'aubergine espagnole :'(
update : Puisqu'on en est à bassement relever les conneries des uns et des autres, voici une autre sortie de M. Sarkozy, à propos cette fois de l'industrie du disque et du piratage :
Il faut pour l’industrie du disque un vrai plan de sauvetage, comme ont pu en bénéficier hier l’industrie de la sidérurgie ou celle du textile.
qu' un astucieux lecteur d'Ecrans.fr commente en ces termes d'une évidence déconcertante :
Elles sont dans quel état aujourd’hui les deux industries citées plus haut ?
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